Eva MacPherson Auteur: Eva MacPherson Diéteticienne

Pancréas : Quels sont les signes de la maladie de l’organe ?

Le régime alimentaire équilibré et le mode de vie sain peut contribuer au maintien de la santé du pancréas.

Le pancréas est la deuxième plus grosse glande de l'organisme mesurant environ 15 cm de long et se situant dans la partie supérieure de l'abdomen, entre l'intestin grêle et la rate. Il produit du suc pancréatique, de différentes hormones et d’enzymes qui sont essentielles pour le corps. Il fait partie intégrante du système digestif, et les problèmes de son fonctionnement peuvent affecter l’ensemble du corps.

Une bonne alimentation et un mode de vie approprié peut contribuer au maintien de la santé du pancréas, mais même en respectant les règles de l’hygiène de vie ils peuvent s’arriver des problèmes de santé au niveau du pancréas. Il convient cependant de faire tout notre possible pour éviter les troubles pancréatiques, car cet organe important joue un rôle essentiel dans la transformation des nutriments ingérés en sources énergétiques des cellules.

Structure et fonction

Le pancréas est localisé au niveau de l’abdomen, logé derrière l’estomac et à l’avant des premières et deuxièmes vertèbres lombaires. L’organe peut être divisé en trois parties principales : la tête, le corps et la queue. Il est considéré comme une glande mixte car il se compose à la fois de tissu exocrine et de tissu endocrine. Il dispose deux fonctions, une fonction exocrine, qui permet de sécréter des enzymes de digestion dans le duodénum et, une fonction endocrine, qui permet de sécréter des substances dans la circulation sanguine. Ce dernier se réalise au niveau des îlots de Langerhans qui sont formés de cellules endocrines capables de synthétiser des hormones, tout en régulant la glycémie et la sécrétion de la glande.  Si le pancréas cesse de fabriquer de l’insuline, le diabète apparaît.

Comment fonctionne le pancréas ? Il se compose donc de deux types de cellules et chaque type de cellule produit de différentes substances. Les cellules endocrines produisent des hormones, notamment de l’insuline, du glucagon, de la somatostatine et du polypeptide. L’insuline diminue le taux de sucre dans le sang tandis que le glucagon augmente la glycémie. Les cellules exocrines produisent des enzymes secrétées dans le duodénum et participent à la digestion des aliments dans les intestins.  La trypsine et la chymotrypsine décomposent les protéines, l’amylase décompose les glucides, et la lipase dégrade les graisses.

Le pancréas peut être touché par de divers dysfonctionnements, y compris la pancréatite aiguë et chronique, la pancréatite héréditaire, et la dégénérescence cancéreuse.

Inflammation aiguë et chronique du pancréas peut également se produire

Les causes de la pancréatite

Bien qu’il ne faille pas immédiatement craindre le pire, l’inflammation du pancréas ou pancréatite est sans aucun doute l’une des maladies les plus dangereuses. Pour cette raison, il est essentiel d’être conscient des premiers symptômes alertant, de savoir comment la prévenir, ainsi que de connaître des méthodes médicales et d’autres remèdes thérapeutiques. Si la production d’insuline est perturbée par l’inflammation, les enzymes digestives peuvent même « digérer » le pancréas et les tissus environnants (autodigestion). En l’absence du traitement, la pancréatite peut être mortelle. On distingue deux types d’inflammation : aiguë et chronique. Plusieurs causes sont à l’origine de leur développement : mauvais état de santé, facteurs héréditaires, mais surtout une alimentation inadéquate et un mode de vie malsain. La consommation régulière et excessive d’alcool, les inflammations persistantes dues à un système immunitaire dysfonctionnel, certaines maladies auto-immunes, et le taux pathologique de graisse dans le sang sont également des facteurs prédisposants. Comme en cas de beaucoup d’autres pathologies, le stress chronique est un facteur important dans l’apparition de l’inflammation du pancréas. Les calculs biliaires, certaines préparation s médicamenteuses, ou la lésion tumorale de la glande peuvent jouer un rôle déclencheur, mais un grave traumatisme à l'abdomen peut la provoquer également.

Les symptômes de la pancréatite

La pancréatite aiguë se produit de façon inattendue, sans aucun signe précurseur. Dans la plupart des cas, le patient se plaint de douleurs abdominales et au milieu du dos, qui peuvent être accompagnées de vomissements et de nausées, et de forte transpiration. Sans traitement à temps, des pseudo-kystes se forment dans le tissu de la glande. Ces dernières peuvent s’infecter, qui amène le développement d’abcès. Dans les cas graves, la septicémie, l’insuffisance rénale, les difficultés respiratoires peuvent se produire. Dans les cas les plus sérieux, un état de choc peut s'installer.

La pancréatite chronique est un désordre progressif caractérisé par la destruction de la glande. La maladie est plus fréquente chez les hommes, se développe généralement entre les âges de 30 et 40 ans. Dans ce cas, les symptômes ne sont pas évidents, c’est pourquoi beaucoup de gens ne les prennent pas au sérieux. Or, au fil du temps, l’inflammation persistante détériore considérablement la fonction de la glande, à tel point qu’elle cesse de fonctionner. Les signes précurseurs sont le mal au dos et le mal ombilicale. La douleur peut durer de quelques minutes à quelques heures, dans les cas graves, elle peut devenir permanente. Il est également nécessaire d’y penser en cas des ballonnements, de perte du poids, ou des selles anormales (diarrhée ou constipation). Si la glande s’atrophie, le diabète sucré (mellitus) peut se développer.

Dans certains cas, les crises aiguës récurrentes liées aux troubles héréditaires du pancréas ou des intestins peuvent se transformer en maladie chronique chez les jeunes adultes (moins de 30 ans). Le trouble héréditaire le plus commun est la mucoviscidose. Il y a aussi des cas où la seule façon de diagnostiquer la pathologie nécessite une exploration chirurgicale. Pareillement à la pancréatite chronique (PC), la pancréatite héréditaire (PH) est aussi une maladie progressive accompagnée de la douleur, de la diarrhée, de la malnutrition ou du diabète.

Traitement de la pancréatite

Dans les cas aigus, l’administration de médicaments et de perfusion peut être justifiée. La perfusion assure, d’une part, un apport en liquide, d’autre part, les antibiotiques empêchent le processus inflammatoire et la nécrose possible qui en résulte.  Si cela se produit, les tissus nécrosés ne peuvent être enlevés que par chirurgie. Si l’inflammation est générée par les calculs biliaires, une intervention chirurgienne doit être réalisée pour libérer la voie biliaire.

Dans les cas chroniques, le traitement consiste en soulagement de la douleur, remplacement des enzymes, prise de stéroïdes. Lorsque le diabète s’installe, il faut le traiter aussi. En cas de pancréatite, un régime alimentaire spéciale s’impose que cela soit aiguë ou chronique.

Autres options

Afin de s’assurer que le système immunitaire fonctionne correctement et soit capable de lutter contre l’inflammation, il est essentiel de rétablir l’équilibre de la flore intestinale. L’état du microbiote affecte directement le fonctionnement du système immunitaire. En cas de la perturbation de son équilibre, les capacités de défense de l’organisme sont affaiblies.  Pour éviter cela, il est recommandé de prendre des probiotiques ainsi que des prébiotiques  qui sont nécessaires à leur reproduction. Réaliser des exercices physiques régulières et supplémenter le manque d’enzymes digestives par les compléments alimentaires de qualité et fiables. La décoction de la racine du pissenlit stimule la fonction biliaire et hépatique et soutient la régénération du pancréas. La gentiane est également un remède excellent grâce à ses vertus désintoxiquant et antiinflammatoires. Adopter un régime alimentaire spécial constitue la clé pour la guérison ou pour prévenir une détérioration plus importante.

Le régime alimentaire équilibré et le mode de vie sain peut contribuer au maintien de la santé du pancréas.

Régime de pancréatite

Après avoir diagnostiqué la pancréatite aiguë, l’hospitalisation devient souvent nécessaire. Dans ce cas, le patient est mis sur un régime zéro, c’est-à-dire sans recevoir de nourriture ou de liquide pendant 48 à 72 heures. Si nécessaire, une nutrition parentérale par perfusion intraveineuse est réalisée qui assure les nutriments indispensables à l'organisme. Après le jeûne strict, pour prévenir les récidives, il est nécessaire d’adopter un régime individualisé, faible en gras et en évitant la consommation de l’alcool.

En cas de pancréatite chronique, le régime dure tout au long de la vie et est suivi par un nutritionniste. Le régime se concentre sur les aliments riches en protéines, pauvres en graisses animales, et contiennent des antioxydants.  Il est recommandé de manger des viandes maigres, des haricots et des lentilles, des produits laitiers faibles en gras ou du lait végétal. Les épinards, les bleuets, les cerises et les grains entiers favorisent la digestion et peuvent vaincre les radicaux libres nocifs. Au lieu des aliments sucré, il convient de privilégier les fruits car les personnes atteintes de la maladie ont un risque élevé de diabète. De petits repas répartis tout au long de la journée (6 à 8 portions, sont mieux assimilés que l’ingestion de grandes quantités d’aliments en une seule fois. Bannir la consommation de l’alcool qui favorise l’aggravation de la maladie.

Les aliments à éviter sont les suivants :

  • Viande rouge
  • Abats
  • Aliments frits
  • Pommes de terre et croustilles
  • Mayonnaise
  • Margarine et beurre
  • Produits laitiers riches en matières grasses
  • Pâtisseries et desserts avec sucres ajoutés
  • Boissons sucrées
  • Nourriture trop épicée
  • Alcool

Évitez les acides gras trans. Les aliments frits ou transformés, comme les frites et les hamburgers de restauration rapide, sont parmi les plats à bannir, ils peuvent provoquer une poussée de pancréatite. Il est nécessaire de réduire la consommation de farine raffinée, ces aliments provoquent une augmentation des niveaux d’insuline. Ne pas consommer trop de fibres, car elles peuvent ralentir l’absorption et réduire la quantité d’enzymes digestives.  Il est également recommandé d’arrêter de fumer.

Cancer du pancréas

La maladie attaque insidieusement et au début ne présente aucun symptôme extraordinaire.

Le cancer du pancréas est résistant à de nombreux traitements habituels, y compris la chimiothérapie et la radiothérapie. L’apparition d’une coloration jaunâtre de la peau peut être un signe précurseur. Si la maladie est détectée à un stade précoce, elle peut être guérie par la résection, l’enlèvement de la tumeur chirurgicale. Malheureusement, la détection précoce est relativement rare. Dans les stades plus avancés, la qualité de vie peut être améliorée par le traitement des symptômes et des complications.

Les signes et symptômes du cancer de pancréas n’apparaissent que lorsque le cancer est à un stade avancé. Ce sont les suivants :

  • Mal au dos
  •  Perte d’appétit, perte de poids sans raison
  • Jaunisse de la peau et du blanc des yeux
  • Selle blanche ou claire
  • Urine foncée
  • Démangeaisons de la peau
  • Diabète
  • Caillots sanguins
  • Fatigue
  • Nausées et vomissements
  • Douleurs abdominales
  • Obstruction intestinale

Le corps peut avoir des problèmes pour décomposer les aliments et absorber les nutriments essentiels puisque la glande ne produit pas assez d’enzymes digestives. La jaunisse est causée par la tumeur qui obstrue les voies biliaires. La tumeur croissante peut peser sur les nerfs abdominaux, provoquant des douleurs, qui s’aggrave avec le temps La radiothérapie et la chimiothérapie peuvent aider à ralentir ou même arrêter la croissance tumorale et soulager la douleur. Si le cancer se développe dans la première section de l’intestin grêle, il peut empêcher le passage des aliments digérés de l’estomac à l’intestin.

Quelle est la cause du cancer du pancréas ?

Il n’est toujours pas clair ce qui cause le développement cancer du pancréas. Les médecins ont identifié des facteurs qui pourraient augmenter le risque de ce type de cancer, y compris le tabagisme et certaines mutations génétiques héréditaires.

Les facteurs de risque sont les suivants :

  • Tabagisme
  • Diabète
  • Pancréatite chronique
  • Certains syndromes génétiques
  • Antécédents familiaux
  • Obésité
  • Âge plus avancé

Méthodes de traitement

Les possibilités de traitement incluent la chirurgie, la radiothérapie, la chimio, et l’immunothérapie. La survie d’un cancer avancé non traité est d’environ 3,5 mois. Le cancer du pancréas est une tumeur de très mauvais pronostic, la chance de survie à 5 ans est de 1 à 5 %.

Peut-on vivre sans pancréas ?

La réponse est oui. Après l’opération il faut adopter des changements de vie, prendre des médicaments, y compris des substituts d’enzymes pancréatiques, et réformer complètement l’alimentation. On parle de résection pancréatique lorsqu’on ôte une partie du pancréas (en général la tête ou la queue), plus rarement tout pancréas. Ce dernier peut être nécessaire en cas d’une tumeur très avancé ou d’une inflammation grave endommageant les tissus.

Maladies, dans le cas où la résection pancréatique peut être nécessaire :

  • La pancréatite chronique s’aggrave avec le temps. Parfois, la chirurgie est effectuée pour soulager la douleur.
  • Tumeurs telles que l’adénocarcinome, le carcinome adénoïde kystique, les tumeurs neuroendocrines, le cancer duodénal et le lymphome. Ces tumeurs développent dans ou près de la glande, mais peuvent également se propager à d’autres parties du corps (métastase).
  • Suite à un traumatisme grave causant une blessure du pancréas
  • En cas d’hypoglycémie hyperinsulinémique sévère quand le taux élevé d’insuline provoque une glycémie extrêmement basse

Lors de la résection pancréatique complète, le chirurgien peut enlever des autres organes tels que le duodénum (partie avant de l’intestin grêle), la rate, une partie de l’estomac, la vésicule biliaire, une partie du canal cholédoque, des ganglions lymphatiques situées près de la glande.

Diagnostic des altérations du pancréas

Le diagnostic implique l’examen physique, ce qui est difficile à réaliser, puisque l’organe est situé profondément dans la cavité abdominale près de la colonne vertébrale. Les analyses sanguines aident souvent à déterminer si le pancréas joue un rôle dans la présence d’un symptôme particulier, mais il peut être trompeur. Le pancréas peut être examiné par des techniques d’imagerie médicale comme la tomographie, l’échographie endoscopique et l’IRM.

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pancr%C3%A9as

https://www.healthline.com/human-body-maps/pancreas

https://www.healthline.com/health/pancreatitis-diet#foods-to-limit

https://www.healthline.com/health/can-you-live-without-a-pancreas#function

https://www.healthline.com/health/what-does-the-pancreas-do

https://pancreasfoundation.org/patient-information/about-the-pancreas/common-disorders-of-the-pancreas/

https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/pancreatic-cancer/symptoms-causes/syc-20355421

Articles au total:
0